Food and Fuzz

A Place to Bury Strangers et les Mac N’Cheese vegans

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Il faut être très très fort pour être qualifié régulièrement de « groupe le plus bruyant de New York » tout en étant signé chez… Mute Records. C’est pourtant bien ce que le groupe originaire de Brooklyn (dont (ATTENTION BLAGUE NULLE) beaucoup de militants extrémistes de droite jalousent le nom) a réussi à faire. Le trio formé en 2003 se produisait sur la scène du Fri-Son de Fribourg le mois passé en compagnie des veveysans de Forks. Une soirée toute dédiée aux étudiants en oto-rhino-laryngologie donc,  qui pourraient enfin assister à une mise en pratique de tous les fascicules de prévention qu’ils distribueraient dans leurs cabinets futurs, entre reproductions géantes d’oreille interne et distributeurs de boules quiès.

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J’ai rencontré les trois musiciens de A Place to Bury Strangers à la fin de leur repas. Nous nous rendons dans leur loge, je suis toujours un peu impressionnée de mener des interviews en anglais, mais ils sont à la fois gentils et très contents d’être ici, donc tout se passe bien. Par ailleurs, quand je leur demande si ils sont aussi heureux de tourner en Europe que les musiciens européens le sont de tourner aux États-Unis, ils n’hésitent pas longtemps avant de m’expliquer qu’ils ont un peu honte des conditions dans lesquelles les groupes étrangers sont reçus dans leur pays d’origine quand ils voient les conditions qui sont offertes ici. On ne parle pas forcément de cachet, mais d’accueil et de considération. Par exemple, il est désormais clair qu’il devient de plus en plus rare pour des groupes Suisses d’avoir l’occasion de tourner aux États-Unis s’ils n’ont pas un immense label qui organise le tout ou un papa très riche prêt à financer les billets d’avion, le transport et le logement sur place. Une des difficultés principales reste d’ailleurs l’obtention d’un visa de travail. On a pu le vérifier il y a peu avec l’annulation de la dernière tournée de The Ocean qui n’étaient pas sûrs d’avoir le précieux sésame à temps et, manquant de garanties, on préféré annuler plutôt que d’engager trop de frais. Ils n’en étaient pourtant pas à leur premier essai, mais l’immigration américaine semble mettre bien plus de ressources pour empêcher de vilains musiciens de venir gagner cinquante malheureux dollars par soir dans des clubs du fin fond de l’Indiana pour en dépenser 10 fois plus en location de tours bus et nourriture, que pour empêcher les fonds de quelques banquiers golfeurs de prendre le large via des structures offshore  aussi opaques que les robes de Kim Kardashian.

Il m’explique que la différence majeure tient dans le fait qu’aux États-Unis, l’offre est telle que les clubs ont l’impression de vous faire une fleur quand ils vous bookent alors que c’est plutôt l’inverse en Suisse (pour les groupes étrangers, hum hum).

Pour les musiciens de APTBS, peu importe les difficultés que peuvent comporter certaines tournées, il leur est essentiel de voyager un maximum. Les tournées sont pour eux un moyen d’élargir leur horizon, de s’enrichir des rencontres qu’ils font et de nourrir ainsi leur musique. Ils se comportent autant qu’ils le peuvent comme ils se comportaient avant le succès qu’on leur connaît, et mettent un point d’honneur à traiter du mieux qu’ils le peuvent, les amis qui les accompagnent et travaillent sur leurs tournées en les payant le plus possible. Ils réinvestissent d’ailleurs tous leurs cachets dans la musique, c’est pour eux un investissement, et leurs vies sont dorénavant entièrement dédiées à leur art. Il n’y a pas si longtemps ils espéraient pouvoir prendre une année pour se reposer, mais ils ne l’ont pas fait.

Hyper productifs, ils ont déjà quatre albums à leur actif dont Transfixiation sorti en 2015, quelques EP et un merchandising prolifique qui comporte même quelques pédales d’effets aux noms plus cools les uns que les autres, et que Oliver Ackerman vend également en ligne sur son site Death By Audio.

Quand je leur demande ce qu’il aimeraient que je cuisine pour eux, c’est Oliver qui surexcité me propose sa recette vegan des fameux Mac n’ Cheese, le plat « madeleines de Proust » des américains, véritable emblème présent jusque dans les cuisines de la Maison Blanche, la faute à un Thomas Jefferson qui a d’ailleurs lui-même introduit le plat désormais mythique dans la demeure des Obama.

Sorte de casserole de pâtes noyées dans une sauce au cheddar, on est plutôt loin du rêve vegan, c’était bien sûr sans compter l’expertise du guitariste de APTBS qui est devenu il y a pas si longtemps, un vegan convaincu par tout ce qu’il a pu apprendre au sujet de la maltraitance des animaux. Pour lui, plus tu te renseignes, moins tu as envie de manger de la viande ou tout ce qui pourrait provenir d’un animal. Il lui arrive malgré tout de faire quelques entorses au règlement. Il lui est par exemple, difficile de respecter son régime principalement en tournée, comme au Mexique, où il m’explique que l’on jette volontiers du fromage sur tout ce qui est servi.

 

 

Avant de les quitter, je leur demande si ils ont quelques recommandations musicales à nous faire écouter. Essayez-donc de leur part:

Guerilla Toss

The Dreebs

Skully

 

La recette des Macaronis au fromage de Oliver Ackermann:

 

Pour 4 personnes:

-500g de pâtes vegan (tant mieux si vous trouvez des macaronis, j’ai pris des penne)

-un beau chou-fleur

-2 belles carottes

-un décilitre de lait d’amandes

-une gousse d’ail

-un oignon nouveau

-sel et poivre

 

La recette est finalement assez simple.

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Il vous faut cuir le chou-fleur (la meilleure partie, donc enlever le pied) avec les carottes dans de l’eau légèrement salée. Pendant ce temps, faites cuire les pates selon les instructions, et faites revenir l’oignon très légèrement dans un filet d’huile d’olive.

Une fois les carottes et le chou-fleur bien cuits, les sortir de l’eau et les mixer en assaisonnant (j’ai ajouté un peu d’ail à ce moment, mais ça va aussi très bien sans),  puis ajouter le lait d’amandes. Mixer pour obtenir une texture bien lisse, et mélangez aux pâtes avant de dresser. Rectifier si besoin.

Vous pouvez aussi faire un faux bacon si vous voulez tenter le coup en faisant rôtir des shiitake au four avec beaucoup beaucoup de sel.

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