Food and Fuzz

Karma To Burn, William Mecum, l’enfer des cuisines et le résumé de « The Wall ».

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Quand on joue dans un trio de stoner instrumental, aller voir un concert de Karma to Burn c’est un peu se mettre dans la peau d’une activiste de PETA (ou SCHNOCK) qui crache à la gueule de son dentiste en criant « POUR CECIL LE LION » ou dans celle d’un fan de Johnny Halliday qui débarquerait sur la grande scène du stade de France en harley avec une playmate sur le guidon et un million de dollars lâchés en pluie par un hélicoptère peint aux couleurs du drapeau américain. C’est quelque chose quoi.

Excitée comme une porte de sortie de secours, je m’empresse de faire ma sept millième demande d’accréditation de la saison, et reçois avec surprise ma première réponse positive de l’été. Autant dire qu’ils ont tout compris, ces génies du Rock Altitude. Karma To Burn accepte également in extremis ma demande d’interview, je pars donc confiante vers les terres de l’ouest.

Le Locle, qui comprend environ 450 Loclois au km2 est une charmante petite bourgade du canton de Neuchâtel située tout près de la France. Cette année, l’équipe du Rock Altitude fêtait ses dix ans et avait préparé à mon sens la plus belle programmation de tous les festivals suisses de cet été 2015. Interpol, Archive, Karma To Burn pour citer quelques gros (essayez de les relire mais avec l’accent de là-bas) , Closet Disco Queen, Ølten, Cortez ou encore John Dear pour la relève suisse vaillamment assurée et très bien mise en avant parfois sur la grande scène.

Le festival n’est pas bien grand, ce qui est un très bon point. La grande scène est montée sous le toit de la patinoire municipale, un bâtiment fermé, mais couvert. Du copeau avait été soigneusement dispersé pour éviter la boue et les organisateurs avaient vu juste, la météo du week-end ayant été particulièrement dégueulasse. Karma to Burn était prévu sur une deuxième scène, plus petite (encore une fois pour ma plus grande joie).

C’est un peu avant le concert de The Darkness que je devais retrouver Karma To Burn dans les backstages. Cyril, ma porte d’entrée pour cette partie du festival à laquelle mon pass ne me permettait pas d’accéder, m’accompagnait, ainsi que mon cousin. À l’arrivée de William Mecum, guitariste de Karma to Burn et seul rescapé de la formation de base après les départs de Rich Mullins et Rob Oswald, il n’aura pas fallu longtemps à mes deux accompagnateurs pour se rendre compte même de loin que quelque chose ne tournait pas rond. Parce que voilà, il n’a pas seulement l’air de mauvaise humeur sur scène, William Mecum, il l’est un peu aussi en vrai. Je n’avais pas terminé de lui décrire le principe de mon blog qu’il m’expliquait à quel point il déteste la nourriture, la cuisine ou tout ce qui se rapporte aux aliments.

Pas démontée, je pense à une épreuve top chef et décide de ne rien lâcher. Hors de question qu’il ne fasse pas cette interview. Je lui demande pourquoi il a autant horreur de ça, il me répond qu’il a longtemps travaillé dans les pires cuisines des pires restaurants de Virginie pour gagner un peu d’argent quand il galérait. Il se souvient de l’enfer de la chaleur, du gras, des ordres qu’on lui hurlait, et assure qu’aujourd’hui, il ne se nourrit que parce qu’il le doit et n’a absolument aucun plaisir à le faire. De plus, célibataire depuis toujours et pour toujours probablement (il devrait essayer de sourire), il n’a aucun plaisir à cuisiner pour lui tout seul.

Prise alors d’un éclair de génie, je lui propose de s’asseoir, et de me dire ce qu’il déteste le plus au monde en termes de nourriture et lui promet de cuisiner ça. Et là, miracle, William Mecum hurle de rire et accepte ma proposition. On s’assied sur un bout de canapé. Mecum me dit alors très sérieusement que le pire qu’on puisse lui demande de manger, ce sont les champignons. Il les a en horreur. « Pourquoi je mangerais de la moisissure ? C’est dégueulasse » me dit-il écoeuré rien qu’à l’idée d’y songer.

Et il ne s’arrête plus, il m’explique que son bassiste Eric Clutter est totalement allergique à la mayonnaise et vomit dès qu’il en voit.

Très sérieusement, il conclut en me disant que la pizza étant ce qu’il mange avec le moins de dégout, si je veux vraiment lui ruiner sa journée, j’y ajoute des champignons. Promis.

À mon éternelle question sur les riders, il répond qu’il n’y a quasi rien qui y soit mentionné puisqu’il n’aime rien, mais il demande toujours de la bière locale. En riant, il me tend sa Super Bock et me lance que pour le coup c’est un peu raté. Bravo Rock Altitude !

Pour finir notre entretien, je lui demande s’il a un nouveau groupe à recommander, quelque chose qu’il écoute ces temps. Il me confie alors que d’après lui, il n’y a plus que de la merde qui sort depuis un bout de temps déjà et qu’il s’en tient à ses artistes préférés, tenez-vous bien : Peggy Lee, Billie Holliday et Frank Sinatra. Heureusement pour lui (et pour nous aussi), Karma to Burn retourne en studio tout bientôt et prépare la sortie d’un nouvel EP d’ici février.

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Il ne se moquait pas. puisque le concert a commencé avec Fever chanté par Peggy Lee en intro et s’est terminé avec Ain’t no sunshine de Bill Withers. Mais on vous rassure, entre deux, les riffs couillus tout droit sortis d’une station service du fin fond de la Virginie ont su faire oublier une fois de plus à un public conquis d’avance qu’une voix n’est pas obligatoire. Arch Stanton sorti en 2014 est un album sombre et péchu, parfaitement adapté à l’atmosphère de cette tente noire, sur ce terrain humide entourés d’un public remonté comme un coucou pour cette troisième soirée de festival. Je deviens hystérique quand se met à couler « 55 » dans mes oreilles avec cette intro en forme de rampe de lancement pour pogo.

Et puis comme par magie pour clôturer cette soirée, c’est lorsque je me déplace vers l’entrée de la tente pour prendre un peu l’air et reposer mes oreilles, que je tombe sur Thomas « The Wall » Jenny.

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Génialissime guitariste de The Burden Remains immanquable sous son gilet patché à outrance, ses longs cheveux de métalleux, qui fait généralement hurler sa Flying V en tirant la langue quand il est sur scène. Il me crie dans le dernier de mes tympans encore en état : « Tcheu après tous ces trucs de welsh ça fait du bien d’entendre du quatre-quatre ». Ou comment résumer une soirée en une phrase.

La Pizza aux chanterelles:

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Pour 4 pizzas:

-300g de chanterelles

-500g de farine

-20g de levure

-sel et poivre

-500g de tomates cerises

-une échalotte

-ail

-huile d’olive

-2 boules de mozzarella di buffala

-2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre

-basilic vert et rouge frais

-rucola

Premièrement, faire la pate à pizza en mélangeant 500g de farine blanche avec 2,3dl d’eau dans lequel on a mélangé la levure et 3 cuillères à soupe d’huile d’olive. J’utilise ensuite un batteur type kitchenaid et c’est bien plus sympa que de pétrir sa pâte pendant deux heures.

Pour faire monter la pâte, j’utilise un four vapeur avec un programme spécial, parce que j’en ai un et que c’est plus rapide. Mais sinon, vous pouvez laisser la pâte dans un récipient assez grand et le recouvrir d’un linge humide. Il faut compter une heure au minimum pour la première levée.

Formez ensuite 4 boules, laissez monter encore 15minutes.

Etalez votre pâte et laissez à nouveau reposer 15minutes. Pendant ce temps-là, attaquez-vous au coulis.

Dans de l’huile d’olive, faites revenir une échalotte dans un peu d’huile d’olive. Ajoutez les tomates cerises, salez, poivrez et ajoutez une gousse d’ail entière. Laissez mijoter 10-15 minutes, mixez et passez pour enlever les pépins et autres morceaux.

Préchauffez le four à 220°.

Avant d’étaler le coulis sur la pâte, étalez un peu d’huile d’olive au pinceau. Ajoutez ensuite de la mozzarella rapée (mélange spécial pour pizza, elle est un peu plus sèche et souvent mélangée à d’autres fromages), puis des morceaux de mozzarella di buffala. Enfournez dans le bas du four.

Coupez les queues des chanterelles et nettoyez-les à sec.

Faites les revenir dans un peu d’huile avec un oignon rouge, salez, poivrez et déglacez au vinaigre de cidre. Ajoutez à la fin le basilic ciselé.

Laissez au chaud en attendant que la pizza soit prête.

Une fois la pizza cuite, sortez-la du four, ajoutez-y les chanterelles et un peu de rucola. Direction les backstage de Karma to Burn pour vérifier si c’est assez dégueu!

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