Food and Fuzz

Kassette, Bella Lui et la mousse au chocolat vegan

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Fin décembre de l’année passée, on entendait les premières notes de Bella Lui (belle lumière en vieux valaisan), le quatrième album de Kassette.

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C’est toujours sous ce pseudonyme, qu’elle avait en fait à l’époque voulu comme un nom de « projet » plutôt qu’un pseudo, et qui devait rappeler le côté analogique et bricole propre à ce support, que Laure Betris nous avait présenté son nouveau titre. Un terrain de football américain, des muscles, un vestiaire humide, un bulldog et des mecs à moitié nus baignant certainement dans une odeur de chaussette mouillée et d’Axe fraîcheur marine y entonnaient en playback le refrain final de « Will you be the same » , premier single de ce nouvel opus.  Dit comme ça, ça paraît étonnant. Mais on sait qu’il ne faut pas attendre de Laure des supports polis et lisses. La fribourgeoise a l’oeil et elle aime surprendre. Ce n’est donc pas un hasard si elle choisit Lionel Rupp qui signe ici un clip dans lequel il a su rapporter à l’écran, l’ovni Kassette et l’univers qui s’en dégage. Pareil du côté de la pochette. Elle s’offre les services de Gilles Rotzetter, peintre fou furieux de génie, qui lui aussi, dépeint à merveille l’aura insondable de la jeune irako-suisse. 

Quelques jours avant la sortie de son quatrième album, nous nous donnons rendez-vous au Bad Bonn pour une interview avant le concert de « Jerusalem in my Heart ». Nous nous installons un peu en retrait. Laure me confie dans un coin du café où nous nous sommes assises qu’elle n’est pas à l’aise avec ce genre d’exercice. Mais si elle angoisse et frémit pour la radio, l’écrit lui convient d’avantage.

Très vite, elle m’explique que la musique est un élément de son processus créatif, il est cependant loin d’être le seul. Il est par contre, celui qui sera transmis en première ligne. Mais le chemin qui mène vers un nouvel album est pavé de croquis, de citations, de dessins éparpillés dans on « bordel organisé », une sorte de « garde-manger » à idées, comme elle l’appelle, qu’elle fournit copieusement et régulièrement jusqu’à obtenir tout ce qui est nécessaire à la production d’un nouvel opus. La création est toujours présente, à portée de clavier, de crayon ou d’une démo maison enregistrée dans sa cuisine. Rien ne peut empêcher cette belle irako-suisse d’aller au bout de ses idées. Bien qu’elle aime s’éloigner pour composer, comme à Berlin lors de son deuxième album, où plus récemment à la Nouvelle-Orléans pour la dernière ligne droite de l’écriture de Bella Lui, elle aime aussi s’entourer. Solitaire au moment de l’écriture, elle intègre ensuite les personnes avec lesquelles elle souhaite collaborer. Bien que Sacha Ruffieux soit présent sur tous ses albums, les collaborations avec d’autres artistes ne sont pas forcément récurrentes. Mais alors que les personnes changent, la démarche, elle, reste la même et le processus est continu. Il faut à Laure trouver d’autres influences,d’autres énergies qui s’ajoutent à la sienne et nourrissent une créativité toujours en marche. Elle me dit qu’il faut savoir accepter qu’un album naît comme une « photographie », un instant figé, souvenir de celle ou celui que l’on a été lors de sa création. Et puis il faut passer à autre chose, continuer à créer.

Je dois bien avouer que cette manière de voir son travail musical me plaît énormément. Et même s’il n’est pas toujours bon de juger un artiste sur sa discographie complète, gageons qu’à terme, la retrospective sera plus joyeuse pour certains artistes que pour d’autres.

Nul doute que même dans quelques dizaines d’années, confortablement installée dans un rocking chair sur un perron au bord d’une plage ou dans un EMS pour rock stars (tenu par Keith Richards), il sera impossible pour Laure de regretter Bella Lui. L’album s’ouvre sur « A part of me », balade enchantée portée par la voix si caractéristique de Laure, un timbre doux mais plein de caractère, parfois soufflé et fragile mais jamais vacillant. « A part of me » me fait un peu penser au premier album de Matthew E. White, avec des choeurs en forme de hou hou hou et cette teinte presque retro.  Passée la deuxième plage que l’on connaît puisqu’il s’agit de « Will you be the same », on tombe sur Cheri Cherie, véritable tube avec refrain entêtant et tout ce qu’il faut pour le chanter devant sa glace en se brossant les dents le matin. Preuve là aussi de la présence de Robin Girod, producteur de l’album qui aura su insuffler en plus de cet esprit surf, son je-ne-sais-quoi touffu de sons très seventies à la française mêlés à une folk bien américaine. De quoi brouiller encore un peu plus les pistes et demander à l’auditeur de simplement faire ce qu’il fait de mieux, à savoir, écouter. Finalement, comme le prouve la photo ci-dessous, leur collaboration n’a rien de tiré par les cheveux. (oui bon hein, chut.)

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Laure et Robin, instant « tignasse » aux Georges, été 2015

Mais trêve de plaisanterie, Kassette est heureuse de sortir Bella Lui sur Cheptel Records qui résume d’après elle l’essentiel de ce que devrait représenter un label indépendant aujourd’hui. Pour la chanteuse, le label genevois redonne l’envie de s’intéresser à ce qu’il se passe en bas de chez soi, tout en défendant une certaine éthique et une recherche de qualité musicale qui parfois passe à la trappe au profit des lois du marché. Et puis chez Cheptel Records, pas de barrières de style, pas de frontières, et comme Laure le dit à moitié en rigolant, « les frontières c’est nul ».

Pour la suite, on peut lui souhaiter de voyager pour partager sa musique mais également garnir un peu plus encore ce garde-manger. On l’imagine bien, Laure n’a pas attendu longtemps pour démarrer de nouveaux projets, entre Horizon liquide, électro à tendance très chill qu’elle crée actuellement aux côtés de Valentin Savio ou Tremate, un projet de noise expérimental très radical aux côtés de Nicolas Field, un batteur genevois. Ce n’est plus de garde-manger qu’il faut parler, mais carrément de sous-sol de survivaliste. Avec un peu de chance on la verra également sous peu, seule sur scène pour un projet entièrement solo qui la fait rêver depuis longtemps. Grande fan de science-fiction et geek à ses heures, elle s’imagine au volant de son petit vaisseau spatial, entourée de manettes, de trucs et de machins à actionner pour reproduire sur scène les sons qu’elle aura triturés des heures durant. Vivement!

Kassette vernira Bella Lui ce samedi 20 février au Bad Bonn de Guin, en compagnie de Louis Jucker.

 

La mousse au chocolat-cardamome vegan de Laure:

 

Pour cette mousse au chocolat très spéciale il vous faut:

-un avocat plutôt mûr

-du cacao

-sucre de canne

-un boîte de pois chiches (oui oui)

-un citron vert

-de la cardamome

Des fruits pour la déco.

 

C’est tout simple, videz l’avocat et mixez le très finement. Mélangez-y à votre convenance du sucre, et du cacao. J’ai mis environ 50g de cacao et trois cuillières à soupes de sucre. Mais j’aime le goût très prononcé du cacao, et je voulais éviter le côté trop sucré, à vous de voir.

Vous tenez votre première préparation.

Pour obtenir une vrai mousse, il faudrait ajouter des blancs d’oeufs battus en neige. Sauf que ça n’est pas très vegan.

La nouvelle tendance chez les vegan, c’est alors d’utiliser l’aquafaba. Ce liquide qui a même un site pour lui tout seul: aquafaba.com , est un peu la découverte du moment. Si vous le mélangez à un agent acide, comme du citron (ce que j’ai choisi) ou de la crème de tartre, et que vous mixez le tout, vous vous retrouvez avec une préparation quasi identique aux blancs d’oeufs.

On trouve facilement ce liquide dans les conserves de pois chiches ou de haricots rouges par exemple. Il suffit de reccueillir le liquide (utilisez les pois chiches dans une soupe ou pour un hummus), d’y ajouter un peu de citron pressé (une cuillière à café suffit, et de mixer jusqu’à ce que le mélange fasse un beau ruban. J’ai moi même testé le « renversé-sur-la-tête-en-priant-très-fort »et ça a marché!

 

Il ne vous reste donc plus qu’à mélanger les deux préparations et ajouter une pointe de cardamome.

 

Pour le dressage, j’ai vidé un pitaya, j’ai découpé des ronds à l’emporte pièce et je les ai fait mariner au citron vert. J’ai ensuite disposé la mousse dans le fruit vidé, et j’ai décoré avec mes ronds de pitaya et quelques physalis.

 

BON APP!

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