Food and Fuzz

Mini live report Kilbi day 3:

IMG_4899

 

Cakes Da Killa

« An openly gay rapper shouldn’t be breaking news » . Rashard Bradshaw alias Cakes Da Killa

Loin des stéréotypes du (new) Hip-Hop qu’on a l’habitude de voir dans les clips et lors des concerts, entre dollars plantés dans les gros culs beurrés de twerkeuses professionnelles, mecs à la dentition façon Jaws de James Bond, voitures de sport discrètes et paroles qui donnent des envies de génocides aux plus radicales des féministes, Cakes Da Killa a offert un concert pas des plus originaux, mais qui suffisait amplement à se mettre en route pour la suite de la soirée. Il s’est un peu fait attendre au début avec un set de son DJ qui a joué quelques samples de vieilleries et c’était assez cool à entendre même si je n’aurais jamais pensé entendre un jour du Morillo à la Kilbi. Puis Cakes Da Killa  a fait son entrée, avec deux danseurs qui l’accompagnaient et ce n’était pas de trop puisqu’il faut dire que les tracks sont bonnes, les beats et le flow aussi, mais il n’est pas le plus démonstratif des rappeurs. La bonne nouvelle, c’est que personne n’en avait clairement rien à faire de sa sexualité et c’est tant mieux.

 

Kamasi Washington

La première grosse claque de ma soirée. La définition même du Kilbi pour moi. Un concert de jazz qui groove suffisamment pour convaincre l’entier du public ou presque. Le choix parfait pour amener des gens qui n’auraient jamais l’idée d’écouter du jazz à le faire avec plaisir.

C’était pourtant mal parti quand on connaît l’amour que je porte au saxophone, l’instrument de prédilection de Kamasi Washington (et pourtant les premières pubs qui vantaient les mérites des pédales fuzz promettaient que les guitars sonneraient comme des saxophones…), mais le concert de hier soir a su faire rejaillir en moi mes premières amours qui étaient furieusement dédiées au jazz. Tout était parfait, entre influences « classiques », Miles ou Coltrane auxquelles qui se mêlaient des élans plus modernes, utiles pour rassembler un public déjà interpellé par la présence sur scène de musiciens complètement dédiés. La choriste (présentée par Washington comme sa petite amie) profitait autant du concert que nous et dansait lascivement, en souriant au son du père du saxophoniste américain, invité sur scène avec sa flûte et son sax soprano. Le duo sentait bon la fierté l’un pour l’autre. Le regard de Kamasi vers son père en plein solo en disait long sur leur complicité. Tout le groupe était soudé derrière cette immense baraque, et chaque solo hier soir aura pris des allures de one man show plutôt que ces éternels vitrines à accords sur lesquelles on a parfois le malheur de tomber.

Dans une note bien plus personnelles, le contrebassiste Miles Mosley m’a donné très envie de m’occuper un peu mieux de ma contrebasse à moi (par exemple en en faisant du petit bois pour l’hiver ou une jardinière pour y ranger mes cactus).

 

Savages

Et là, la baffe.

J’aime autant les girls bands que les saxophones, mais pour la deuxième fois de la journée, j’ai du revoir mes jugements. Probablement un des meilleurs lives que j’ai vu cette année (en concurrence avec mes éternels chouchous de Cancer Bats ). La présence scénique de Jehnny Beth (de son vrai nom Camille Berthomier) a tout de suite capté l’audience. Rien de très étonnant puisqu’elle a été formée aux arts dramatiques au conservatoire de Poitiers avant de tourner dans « A travers la forêt » et de débuter sa carrière musicale notamment dans John et Jhen. Hier soir, elle a parlé en français, mais pas trop puisqu’elle l’expliquait, les autres membres du groupe (toutes anglaises) ne le comprennent pas. Enchaînant les morceaux et les poses d’un air qui rappelait le jeu de jambe d’Elvis et l’excentricité d’Iggy, si si, elle aura navigué sur scène entre sa guitariste, qui a rencontré quelques soucis techniques mais est restée calme (en même temps elle était pilote de ligne, donc rien ne peut la perturber), sa bassiste qui a un des jeux les plus cools que j’ai vu depuis longtemps et sa batteuse. Les trois musiciennes qui accompagnent la chanteuse charismatique ont su prouver que les histoires de genre n’ont plus leur place sur scène en envoyant un rock qualifié de post-punk (à quoi je rajouterais dramatique) précis, construit, mais très dynamique et résolument couillu.

En fin de set, Jehnny Beth a par deux fois sauté dans le public, apportant de la matière aux fantasmes des quelques heureux ou heureuses qui ont pu alors voir de très prêt celle pour qui ils bavaient déjà de loin.

Au final, un live d’une intensité rare pour marquer ce dernier jour de Kilbi riche en découvertes, encore.

 

 

Merci Duex.

 

IMG_4894

 

foodandfuzz
Follow me

foodandfuzz

Vous aimez la bouffe et le rock?

Sur Food & Fuzz, je cuisine et propose les recettes préférées de mes musiciens préférés! Des reviews de concerts, des critiques d’albums, de l’actu et des recettes, le paradis?

Si tu as un groupe ou que tu as un super label et que tu aimerais un article sur Food & Fuzz, écris-moi!
foodandfuzz
Follow me

About the author

foodandfuzz

Vous aimez la bouffe et le rock?

Sur Food & Fuzz, je cuisine et propose les recettes préférées de mes musiciens préférés! Des reviews de concerts, des critiques d’albums, de l’actu et des recettes, le paradis?

Si tu as un groupe ou que tu as un super label et que tu aimerais un article sur Food & Fuzz, écris-moi!

Leave a Comment