Food and Fuzz

The Burden Remains, le maestro fou à lier et la vraie carbonara

The Burden 3

Un dimanche après-midi vous faites quoi vous ? Une partie de croquet après la messe, au bord de votre étang en sirotant un limoncello? Un tour en Subaru Impreza pour impressionner votre dernière conquête ou pourquoi pas du tri dans votre tiroir à chenis, celui dans lequel on enfonce les vieux sacs plastiques, les élastiques et les briquets qu’on a piqués aux copains? Eh bien moi pas.

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Moi, j’étais invitée comme quelques fiers représentants de la presse fribourgeoise à venir écouter 3 extraits du projet local le plus fou des 20 dernières années. Nous avions rendez-vous en fin d’après-midi, qui s’annonçait d’ailleurs sous les meilleurs auspices grâce à la préparation minutieuse de Christoph Noth. L’ingénieur du son enfilait alors sa casquette de promoteur pour assurer un maximum de visibilité à cet ovni du paysage musical Suisse, et il n’avait lésiné ni sur l’apéro, ni sur les détails. Les presques 50 musiciens étaient en fracs, prêt à en découdre, cachés tout de même pour certains derrière deux plexiglas sensés les protéger du fracas de la batterie.

The Burden 1

 

C’est un chef d’orchestre aussi beau que fou, qui a passé plus de 300 heures à arranger les 12 pièces originale de ce projet insensé. Manfred Jungo est à l’origine de tout. C’est aussi lui qui dirigera l’orchestre de vents formé spécialement pour ces deux soirées spéciales qui verront le monde du métal flirter avec celui des fanfares suisses-allemandes.

Manfred, dit Mani, n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà fait une expérience similaire dans la petite commune de Sankt-Antoni où il dirige la fanfare locale depuis plusieurs années. Il avait invité Circle,  un groupe de rock du coin, mais tout était resté très local. À l’époque déjà, le maestro s’était dit qu’il fallait porter l’expérience plus haut, plus loin. Il voulait emmener ses compositions à Fri-Son.

The Burden 3

C’est il y a deux ans qu’il en a parlé aux membres de The Burden Remains, des Singinois coutumiers, tout comme Manfred, des soirées au Bad Bonn de Guin où ils se croisent régulièrement.  Les métalleux n’ont pas hésité longtemps à donner leur accord mais à la condition d’aller le plus loin possible. Aucune demie-mesure pour ce quartet qui ne perd pas son sourire tout au long de notre interview, malgré la fatigue accumulée lors de ces trois jours de résidence.

La magie de cette histoire tient en partie dans l’idée de départ, mais aussi et surtout dans les surprises générées tout au long du périple. Des défis organisationnels sans précédents pour réunir autant de monde au même endroit, des heures de préparations pour les arrangements, et des litres de bière pour épancher la soif d’un orchestre. Mais les Singinois ont de la ressource, et ce ne sont pas moins de 16 sociétés de fanfares qui ont répondu présent lorsqu’il a fallut trouver des musiciens intéressés par le projet, mais également des fonds pour le mener à bien. Le budget est immense, mais on n’en saura pas plus. Notons quand même qu’il est plutôt rare de voir des assurances s’afficher sur les flyers de grosses soirées métal.

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The Burden Remains & The Horns of the Seventh Seal c’est un pont entre des milieux qui ne se mélangent d’habitude pas. De jolies clarinettistes dans leurs robes noires fluides qui se décapsulent une bière pendant que les amplis refroidissent. Des sociétés de fanfares qui investissent les cuisines du Fri-Son dont ils ont beaucoup entendu parlé mais qu’ils n’ont jamais visité. Simplement pour rendre service et remplir les estomacs des musiciens qu’ils ont enrôlés. C’est aussi des limites repoussées par tous les membres du groupe, qui ont dû réapprendre à travailler avec des notes, ou à lire des partitions. Les souffleurs quant à eux ont accepté de jouer en s’entendant très peu, couverts par un groupe dont le style de musique leur était jusqu’ici inconnu. Mais surtout, c’est l’engagement sans faille de la part de toutes les personnes impliqués qui frappe. Chacun exprime sa reconnaissance d’avoir pu participer à une expérience aussi unique.

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Les concerts sont à voir le 17 et 18 septembre au Fri-Son de Fribourg. Mais secrètement, après avoir vu ces extraits, je rêve de les voir au Stravinsky de Montreux ou pourquoi pas sur la grande scène de Paléo. Il y a dans ce projet tout ce qu’il faut pour intéresser tellement de milieux différents qu’il vaut la peine d’être porté au-delà du canton.

Pour la recette du jour, je vous cuisine une VRAIE carbonara, puisqu’avec Thomas, le guitariste de The Burden Remains, on ne partage pas qu’une passion pour les Flying V, on a aussi quelques atomes crochus quand il s’agit de cuisiner. Il y aura une version végétarienne en plus de la classique, puisque pour la petite histoire, les personnes qui cuisinaient bénévolement lors de la résidence ont oublié les végétariens! C’est le groupe lui-même qui a pris les choses en main.

 

Voici donc la Vraie Carbonara:

Pour 4 personnes:

-500g de spaghettis numéro 7 ou 10

-6 gros oeufs très frais

-une gousse d’ail

-PAS DE CRÈME

-200g de pancetta ou 200g de champignons de paris bruns

-100g de pecorino

-100g de parmigiano regiano

-du sel

-du très bon poivre

ATTENTION, CETTE RECETTE PREND ENTRE 7 et 9 MINUTES, soyez attentifs, précis, et ne LÂCHEZ RIEN.

Commencer par mettre une grande quantité d’eau à bouillir. Salez au dernier moment.

Faites griller votre pancetta dans un poêle à frire. Pour la version végétarienne, coupez vos champignons en petits dés et faites les griller dans un peu d’huile d’olive. Une fois bien grillés, sur-salés les (pour faire croire à vos papilles que c’est quand même du cochon grillé). Mettez de côté.

Plongez les pâtes et faire cuire en remuant régulièrement. Il faut qu’elles soient al dente de chez al dente.

Pendant la cuisson des pâtes, clarifiez les oeufs, conservez les blancs pour plus tard ( des meringues c’est vite fait et c’est bientôt la bénichon). Gardez les jaunes.

Râpez les fromages. Oui, râpez-les avec une râpe. Pas de fromage râpé en sachet, merci. Avec un mixeur, mélangez les jaunes d’oeuf au fromage, et ajoutez une gousse d’ail. Mixez jusqu’à obtenir une préparation bien mousseuse. Ajoutez quelques cuillères à soupe d’eau si vous trouvez la préparation trop compacte.

Et là, c’est la course contre la montre. Il vous faut sortir vos spaghouzes et les égoutter. Les mettre dans la poêle avec soit la pancetta, soit les champignons et remuer.

Préparez un saladier avec la sauce.

Coupez le feu des spaghettis, remuez un peu pour éviter qu’ils soient brûlants (ça ferait cuire la sauce à l’oeuf), puis balancez les spaghettis dans le saladier et remuez.

Vous pouvez dresser, et surtout poivrer. Puisque la carbonara tient son nom du poivre, et de la couleur qu’il donne aux pâtes.

 

Bon appétit!

 

 

 

 

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2 Comments

  • Ca fait plaisir de voir un blog de cuisine ou il y a de la technique ( saler l’eau au dernier moment pour ne pas qu’elle bout en dessous de 100 c °) Et c’est effectivement la vraie carbo SANS CREME

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